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Notions Préliminaires
Part 4 de 5

Le tir de l'arc — Par le tir de l'arc nous entendons, à proprement parler, la traction exercée sur la corde. On conçoit que cette traction puisse s'effectuer de différentes manières, selon certaines préférences ou certaines nécessités.

Bien que ce soit là une légère anticipation sur la partie historique ou ethnographique que nous devons traiter au cours de ce volume, il convient, croyons-nous, de mettre dès maintenant sous les yeux du lecteur les procédés variés qui ont été ou sont encore employés pour le maniement de l'arc.

Le plus usité, et le seul recommandable aux amateurs du jeu de l'arc, est celui que nous décrirons avec plus de détails dans un des chapitres suivants. D'une façon générale, il consiste, l'arme étant tenue verticalement dans la main gauche, le bras étendu, à accrocher la corde avec l'extrémité des deux ou trois premiers doigts de la main droite, la paume en dedans (fig. 10), et à l'attirer vers le corps ou le visage, jusqu'à ce qu'elle ait la tension voulue.

Dans ce cas, la flèche maintenue sur la corde, entre le premier et le deuxième doigt (index et médium) de la main droite, doit être placée et passer à gauche de l'arc.

Dans une étude intitulée "Méthodes anciennes et modernes de dé cocher la flèche[6]", un savant anglais, le Professeur E. S. Morse, a fait de curieuses recherches sur les moyens en usage, chez les différentes races humaines, pour tirer la corde de l'arc. La classification qu'il a adoptée repose principalement sur les positions variées des doigts sur la corde. Sans le suivre pas à pas dans sa brillante argumentation qui présente au point de vue ethnographique un très vif intérêt, nous citerons simplement les exemples les plus caractérisés parmi ceux qu'il signale.

Il donne le nom de " manière méditerranéenne " au procédé de tir que nous venons d'indiquer plus haut (fîg. 10).

Fig. 10. — Éros tirant son arc Musée du Louvre, Dict. Saglio.
Fig. 10. — Éros tirant son arc. Musée du Louvre, Dict. Saglio.
Fig. 11. — " Première manière ".D'après Morse.
Fig. 11. — " Première manière ".
D'après Morse.

Quelques peuples procèdent autrement et tirent, en pinçant entre le pouce et le premier doigt, la corde en même temps que le talon de la flèche (fig. 11 et 12), qui peut alors être in-différemment placée à droite ou à gauche de l'arc. C'est ainsi qu'en usent les tribus sauvages qui n'ont pas d'encoche à leurs flèches; ce procédé semble le plus simple et le plus naturel ; c'est celui qui vient, d'ailleurs, à l'idée de toute personne qui se sert d'un arc et d'une flèche pour la première fois; aussi M. Morse lui donne-t-il le nom de " première manière ".

Il appelle " mongolienne " la méthode adoptée chez certains peuples de l'Orient, notamment les Persans, les Chinois et les Japonais. Elle consiste à tirer la corde avec le pouce que vient parfois aider l'index (fig.13). La flèche passe, dans ce cas, sur la droite de l'arc.

Ce procédé nécessite, la plupart du temps, un gant ou des anneaux spéciaux destinés à garantir le pouce du frottement de la corde.

M. Longman a développé d'intéressantes observations sur le même sujet[7]; mais aucun des deux savants auteurs n'a fait ressortir que la manière " mongolienne " est surtout nécessitée par l'emploi de très longues flèches. En effet, la traction avec le pouce permet de porter très en arrière de l'épaule la main qui tire, et rend facile au pouce seul la décoche qu'une telle position rendrait impossible aux autres doigts.

Fig. 12. — " Première manière". Artémis asiatique. Dict. Saglio
Fig. 12. — " Première manière".
Artémis asiatique. Dict. Saglio.
Fig. 13. — "Méthode mongolienne". Bas-relief assyrien. Musée du Louvre. Photog. du Cte de Lestrange
Fig. 13. — " Méthode mongolienne ".
Bas-relief assyrien.
Musée du Louvre. Photog. du Cte de estrange.

On pourra trouver plus loin, dans les vignettes représentant les Japonais tirant avec leurs grands arcs, la confirmation de ce fait.