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Les Compagnies d'Arc
Part 7 de 17

Tous les règlements des compagnies étaient, comme nous l'avons dit déjà, presque tous semblables et sont encore en vigueur dans les compagnies d'arc existantes de nos jours; nous aurons donc l'occasion d'y revenir lorsque nous nous occuperons de ces dernières.

Pourtant il n'est pas sans intérêt de signaler certains articles qui ont disparu de la plupart des statuts, ou du moins ont été rédigés dans une forme moins naïve, à la suite des remaniements successifs qu'ils ont subis.

Outre la défense de jurer le nom de Dieu dans l'enceinte du jeu sous peine d'une forte amende, il était également interdit « de nommer le dyable, ennemy des humains, et de parler deshonnestement des femmes de la corroye (ceinture) en bas » suivant le libellé des statuts des gens de traict de Chambéry. Les règlements des archers de Senlis exprimaient la même pensée en défendant « de nommer le dyable ou de dire sur homme ou femme mot qui fut deshonneste dessous la ceinture », et l'auteur du « Dictiez du jeu d'arcq et d'arbalestre » déjà cité, disait de même :

Parler ne dois que la vire manie
Du noir boudre(?) qui faict nos âmes damnes
Du bas cartier à son ordre maisnye
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Fuyr tous mots villains comme poison
Beau parler doibt toujours être en saison[23].

Dans le même ordre d'idées, parmi les recommandations qui étaient faites au chevalier aspirant, on lisait dans les statuts du Jeu de l'Arc de la ville de Cuiseaux en Bourgogne: « Tu ne jureras le Diable en quelque façon que ce soit.... Semblablement tu ne parleras de femme ni fille innordonement ny d'aultres mots de paillardise sous peyne de l'amende.... »

Un règlement d'une Compagnie d'arbalète du XVIe siècle cité par Delaunay, portait aussi qu' « il est deffendu de suborner la femme de son compaignon ni lui dire parole deshonneste ».

En somme, ces principes de morale, de bonne tenue et aussi de déférence à l'égard de la femme, que l'on tenait à maintenir dans les sociétés d'arc et que l'on retrouve conservés dans nos Compagnies actuelles, n'étaient autres que ceux de l'Ordre de la Chevalerie militaire du Moyen age, dont les statuts portaient entre autres les obligations suivantes : « Le chevalier, sitôt qu'il est élevé à la haute dignité de l'Ordre, doit, exempt de tous vices et de tous défauts, réunir en lui toutes les vertus et toutes les perfections et honorer toutes les dames[24]. »

A un autre point de vue, il y a lieu de signaler parmi les articles qui ont disparu des règlements, certains d'entre eux dénotant des coutumes plus ou moins singulières. Tel celui qui défendait aux archers des sociétés de la vieille Genève d'envoyer leur trait sans prier la Vierge Marie de le guider dans son cours, en criant au moment où la flèche quittait la corde : « Porte-la, Notre-Dame! » Lorsque plus tard Genève fut devenue le refuge des Réformés, les tireurs qui, par habitude, se servaient encore de cette formule, s'attiraient des désagréments de toutes sortes[25].

Les infractions à tous ces règlements étaient punis selon chaque pays de différentes façons.